Shiatsu et cancer: cadre, limites et indications d’un accompagnement complémentaire
Lorsqu’un cancer est diagnostiqué, tout s’accélère.
Protocoles, traitements, rendez-vous médicaux, décisions parfois urgentes.
Dans ce contexte, de nombreuses personnes cherchent des approches complémentaires pour mieux vivre les traitements, soulager certains effets secondaires et retrouver un lien plus apaisé avec leur corps.
Le shiatsu fait partie de ces pratiques souvent évoquées, parfois idéalisées, parfois mal comprises.
Il est donc essentiel de poser un cadre clair : ce que le shiatsu peut apporter, ce qu’il ne fait pas, et dans quelles situations il est indiqué.
Le shiatsu : de quoi parle-t-on exactement ?
Le shiatsu est une pratique manuelle d’origine japonaise, issue de la médecine traditionnelle orientale.
Il se pratique habillé, sans huile, par des pressions rythmées exercées avec les doigts, les paumes ou les avant-bras sur l’ensemble du corps.
Son objectif n’est pas de traiter une maladie, mais de :
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favoriser la circulation (sanguine, lymphatique et énergétique),
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soutenir l’équilibre global de l’organisme,
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apaiser le système nerveux et procurer du bien-être
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améliorer le confort physique et émotionnel.
Dans un contexte de cancer, le shiatsu s’inscrit exclusivement en complément du suivi médical.
Le cadre : une pratique complémentaire, jamais alternative
Le shiatsu ne soigne pas le cancer.
Il ne remplace ni la chimiothérapie, ni la radiothérapie, ni la chirurgie, ni aucun traitement oncologique.
Il intervient en soutien, pour accompagner la personne dans son vécu corporel et émotionnel pendant et après les traitements.
Un cadre rigoureux implique :
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une adaptation constante à l’état de fatigue et aux traitements en cours,
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une connaissance des contre-indications,
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un dialogue respectueux avec le parcours médical du patient,
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une posture éthique, sans promesse de guérison.
Le shiatsu n’interfère pas avec les traitements médicaux lorsqu’il est pratiqué par une professionnelle formée à l’accompagnement en oncologie.
Les limites du shiatsu en contexte oncologique
Par respect pour les personnes accompagnées, il est fondamental de nommer clairement les limites.
Le shiatsu :
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ne fait pas disparaître les tumeurs,
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ne remplace pas un traitement médical,
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ne permet pas d’arrêter ou de modifier un protocole thérapeutique,
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ne se substitue pas à un suivi psychologique ou psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire.
Il n’est pas non plus indiqué dans certaines situations spécifiques sans avis médical (fièvre, infections aiguës, extrême fragilité, complications sévères).
Reconnaître ces limites, ce n’est pas diminuer la pratique.
C’est au contraire lui redonner sa juste place : celle d’un accompagnement humain, corporel et respectueux.
Les indications : quand le shiatsu peut être bénéfique
Lorsqu’il est bien encadré, le shiatsu peut être particulièrement pertinent dans plusieurs situations du parcours cancer.
Pendant les traitements
De nombreuses personnes consultent pour :
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fatigue persistante,
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douleurs diffuses ou tensions musculaires,
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troubles du sommeil,
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anxiété, stress, agitation mentale,
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troubles digestifs,
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difficultés à habiter leur corps pendant les traitements.
Le shiatsu peut alors soutenir le confort global, favoriser la détente et offrir un espace de pause dans un parcours souvent éprouvant.
Après les traitements
La période du post-cancer est souvent sous-estimée.
Une fois les traitements terminés, le corps reste marqué :
fatigue chronique, douleurs résiduelles, modifications hormonales, image corporelle fragilisée, peur de la récidive.
Le shiatsu peut accompagner :
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la récupération progressive de l’énergie,
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la réappropriation corporelle,
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la régulation du système nerveux,
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le retour à une sensation d’unité et de cohérence.
Dans la réconciliation avec le corps
Au-delà des symptômes, le shiatsu agit sur un plan plus subtil mais essentiel : le lien au corps.
Après la maladie, le corps est parfois vécu comme un ennemi, un lieu de trahison ou de douleur.
Le toucher respectueux, non intrusif, permet de reconstruire un dialogue, sans forcer, sans performance.
C’est souvent là que se joue une transformation profonde.
Une approche intégrative, centrée sur la personne
Le shiatsu prend tout son sens lorsqu’il s’inscrit dans une démarche de santé intégrative.
Il peut être associé à :
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une activité physique adaptée,
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un accompagnement psychologique ou un coaching,
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des pratiques de respiration ou de relaxation,
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une hygiène de vie adaptée au rythme de chacun.
L’objectif n’est pas d’en faire plus, mais de faire juste.
En conclusion
Le shiatsu, en contexte oncologique, n’est ni une solution miracle ni une pratique anodine.
C’est un accompagnement complémentaire, profondément humain, qui soutient la qualité de vie, la relation au corps et l’équilibre global, dans le respect total du parcours médical.
Bien encadré, il devient une ressource précieuse pour traverser la maladie autrement :
avec plus de douceur, de présence et de dignité.
À propos de mon accompagnement
Je pratique le shiatsu auprès de personnes touchées par le cancer, pendant et après les traitements, dans une démarche de soutien et de complémentarité avec la médecine conventionnelle.
Mon approche s’inscrit dans un cadre rigoureux, respectueux des traitements et du rythme de chacun, et peut être associée à du coaching et à des rituels de mouvement adaptés.
Séances en présentiel (Strasbourg, Irmstett, Wangenbourg et domicile) ou en visio selon les besoins.
Plus d’informations sur : www.shiatsusamba.fr